Quand on utilise une solution analytics, on doit a minima ajouter un tag sur chaque page, on remonte alors toutes les pages vues dans l’interface de la solution. Mais dès lors qu’une interaction ne se traduit pas par le chargement d’une nouvelle page, aucune information ne remonte dans l’outil. Pour aller plus loin dans l’analyse des parcours, il est nécessaire d’utiliser des événements, ou bien des pages virtuelles !

Rappelons qu’un événement permet d’enregistrer un click, un défilement ou n’importe quelle interaction d’un utilisateur, le plus souvent quand il n’y a pas de rechargement de page justement. La page virtuelle consiste à reproduire le tag de page dans un contexte où il n’y a pas de rechargement de page également.

Mais alors, quelle différence ?

L’objectif ici est de bien définir leurs avantages et inconvénients respectifs pour choisir dans chaque cas de figure la meilleure solution. Et pour bien comprendre, voici l’exemple le plus récurrent : un tunnel dont chaque étape se produit sur la même URL, c’est notamment le cas quand on a un tunnel de commande en plusieurs étapes sur une seule et même page.

Dans l’exemple ci-dessus, faute d’implémentation spécifique, impossible de savoir jusqu’où les utilisateurs vont dans le tunnel lorsqu’ils abandonnent leur panier. On pourrait ajouter des évènements lorsqu’une nouvelle étape est affichée ce qui nous permettrait de reconstituer manuellement un tunnel. Manuellement car il n’est pas possible de configurer un tunnel basé sur des évènements dans une solution comme Google Analytics. Utilisons donc des pages virtuelles comme dans l’illustration ci-dessous.

Grâce à cette solution vous pourrez configurer un tunnel d’objectif, et vous obtiendrez également un taux de sortie et le temps passé moyen pour chaque étape. C’est-à-dire, l’essentiel pour analyser et optimiser votre tunnel, donc augmenter votre taux de conversion, le graal. Par ailleurs, les évènements que vous implémenterez sur chaque étape seront associés aux pages correspondantes, la page initiale ou les pages virtuelles; pratique pour l’analyse.

Techniquement, c’est le même principe que l’implémentation d’événement. Il faut exécuter un nouveau tag analytics , dans ce cas de type « pageview », en fixant manuellement le nom de la page (ex : /checkout/recapitulatif). La solution analytics l’interprétera comme un chargement de page standard et nous aussi !

Règle générale, contre-exemples et pièges

Généralement, il est pratique d’utiliser une page virtuelle quand interaction de l’utilisateur est semblable au chargement d’une page et que l’on souhaite l’analyser en tant que tel dans notre outil. Exception : le téléchargement d’un document n’est pas semblable à une page, on l’enregistre plus généralement avec un événement. Mais si on souhaite utiliser un tunnel d’objectif, comme nous l’avons vu, il est nécessaire d’utiliser une page virtuelle pour configurer des étapes. Autre exemple, vous ne pouvez pas enregistrer de page vue sur le site de la banque a priori, mais vous pouvez envoyer une page virtuelle sur le bouton permettant d’y accéder sur la page récapitulatif !

Attention cependant, à ne pas abuser des pages virtuelles à la place des événements. Voici un autre exemple illustrant une conséquence de la page virtuelle sur l’analyse.

Une pop in pourrait être considérée comme une page mais si celle ci se produit instantanément sur une page d’atterrissage, par exemple la sélection d’un point de vente, dès lors votre taux de rebond sera annulé ! En effet, l’utilisateur verra automatiquement 2 pages dès son arrivée. Dans ce cas, il faut utiliser un événement, sans oublier de le configurer en « non interactif », c’est à dire qu’il n’empêchera pas l’enregistrement de la session en rebond si l’utilisateur ne voit pas d’autre page. Attention : par défaut, un événement est « interactif » et donc ne résout pas ce problème !

Dans un autre contexte, si la pop in déclenche une page virtuelle puis est fermée par l’utilisateur, du point de vue de votre outil d’analyse il y est toujours tant qu’il n’a pas chargé de nouvelle page. Ainsi, le temps passé sera associé à la pop in par exemple. Et de plus, tous les événements se produisant sur la page « réelle » ensuite seront rattachés à la pop in. Cela, à moins de renvoyer le tag correspondant à la page « réelle » au même titre qu’une page virtuelle comme dans le dernier exemple ci-dessous. Attention donc aux conséquences d’une telle configuration et aux interprétations des données.

Tantôt indispensable, souvent très utile

Enfin, la question devient essentielle sur un site en une seule page, une Single Page App ou simplement des « tuiles » de contenu similaire à des pages qui se suivent au défilement de la souris. Dans ce cas, peaufinez votre implémentation de page virtuelle pour pouvoir analyser finement le parcours des utilisateurs. Même si dans ce cas un outil de captation de visites type Hotjar sera bien plus pratique pour comprendre comment vos utilisateurs naviguent.

Pour conclure, si vous souhaitez enregistrer des interactions avec un élément sur votre site, voici les questions à vous poser  :

  • Est-ce que mon élément est semblable à une page ?
  • Est-ce que je veux analyser l’élément ou sa conséquence comme une page ?
  • Est-ce que je veux influer sur le taux de rebond/sortie de la page initiale ?
  • Est-ce que je veux enregistrer des évènements et les associer à mon élément ?

Toutes les solutions correspondantes sont cachées dans cet article =)

A bientôt pour les prochains tips & tricks Analytics & Conversion !

Arthur Marot

Consultant

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